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La poterie, un art millénaire en Afrique de l’Ouest

La céramique, en Afrique de l’Ouest, a très longtemps été la base de tous les objets du quotidien, et le demeure majoritairement en zone rurale, les villes ayant peu à peu adopté des matériaux usinés, plus modernes et plus résistants. Pour autant, dans chaque famille, on trouvera encore au moins quelques canaris, ces jarres de stockage typiques. Urnes funéraires, récipients destinés à contenir de l’eau, de l’huile, à stocker les céréales, vaisselles du quotidien, mais également sculptures, figurines, statuettes rituelles, ou objets d’apparat, les poteries rythment le quotidien des populations.

La datation des plus anciennes traces de céramique trouvées en Afrique Subsaharienne, au Mali, suggère une apparition plus de 9 000 ans av JC, avant l’agriculture et l’élevage. Ce sont les femmes qui assurent la majorité de la production, et particulièrement les femmes de forgerons, les hommes conservant la production des poteries rituelles et funéraires. Si les techniques de base diffèrent d’une région à l’autre, on retrouve toutefois des traits communs, comme l’extraction de l’argile, principalement par l’exploitation des mares et des cours d’eau plus que celle des carrières, ou encore la cuisson en tas à l’air libre. La fabrication a ensuite souvent lieu au domicile, parfois dans des cases spécialement aménagées avec des cavités sphériques creusées dans le sol pur faciliter le façonnage, les tours étant très peu répandus en Afrique de l’Ouest.

Les décors en relief, effectués en général lorsque la surface externe est encore humide, permettent aux potières d’identifier leur production lorsque l’ensemble est à la cuisson.

C’est en quelque sorte la carte d’identité de l’objet. Ils sont réalisés grâce à de la paille tressée, un bracelet torsadé, un bout de bois gravé, un épi de maïs égrené ou tout autre objet permettant d’imprimer une marque originale et unique. La cuisson des poteries est ensuite réalisée de façon collective. Toutes les femmes amènent leur production, préalablement séchée au soleil pendant deux à trois semaines, et la range soigneusement au sol, recouverte intégralement par des tessons, puis par un assemblage très soigné de branchages, de paille, de bûches.

Cette cuisson à température relativement basse permet de conserver la porosité des objets et donc d’assurer ensuite l’évaporation des liquides, mais également de refroidir le contenu et de résister aux chocs thermiques permettant ainsi l’usage de la poterie comme récipient de cuisson.

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La poterie et la maternité…Dans certaines sociétés, le placenta est placé dans une petite poterie avant d’être enterré, juste après une naissance. Une poterie neuve est également utilisée pour faire bouillir les plantes médicinales servant aux bains du nouveau-né. Enfin, certaines ethnies, considérant la naissance de jumeaux comme un heureux événement produisent des poteries de gémellité lorsque des jumeaux naissent.

La poterie symbole de richesse…Dans la cour royale de Tiébélé, en pays Kassena, au sud-est du Burkina Faso, les poteries, symboles de richesse, sont soigneusement empilées à l’intérieur des maisons, dans les pièces de réception.

Des pots et des esprits…Au Sud-ouest du Burkina, en pays Lobi, seules les femmes ménopausées sont autorisées à manufacturer les vases d’autel, ou thil blo, sous peine de stérilité. Ces poteries sont destinées à recevoir les offrandes pour les esprits ou thila, responsables de l’ordre social. Ces vases se distinguent des objets utilitaires car disposent d’un couvercle et d’un motif spécifique, dicté par le thila lui-même. Leur fabrication ne se réalise que sur demande et le client doit venir le chercher chez la potière. Aucune chance d’en croiser un sur un marché donc. Quant aux gardiens de l’autel, figurines en céramique, leur fabrication revient aux hommes.

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